« La Terre »

C’était le mercredi 13 juin, 19 heures précises, vous vous rappelez? Eh bien 19 terriens, équipés de bonnes chaussures ont répondu présent à l’appel. Le cortège s’est é”Brenles”é dans le village pittoresque… Tas de fumier, roses trémières, piaillements d’oiseaux, puis la forêt, le ruisseau, l’impressionnante clairière. La prometteuse soupe de carottes-gingembre d’Ariane mijotait sur le feu. Assis autour d’une grande table, les promeneurs ont restitué chacun une sensation perçue lors de la marche. Des trésors d’images et d’odeur ont fleuri l’imaginaire. Après l’agape, Josiane a sorti sa clarinette et a conté, le tonnerre s’est mis à gronder. Le ciel, de moins en moins clément, s’est déchaîné alors que Lise tentait d’attraper une licorne. Nous avons dû nous rabattre d’urgence sous l’avant-toit. Quelques chauffeurs sont partis quérir les véhicules, alors nous autres, serrés dans la nuit, nous sommes racontés des histoires; ambiance dortoir après l’extinction des feux. Le vent, la pluie, les éclairs et la terre, la nature a salué à sa manière ce premier cycle de cercles des conteurs.
Claire-Anne Magnollay

« L’Eau »

C’était le 21 février 2007… Par un petit chemin bordé de lumignons, nous atteignons la belle demeure de l’Arzillier. Une chaude atmosphère accueille la cohorte des conteurs, réunis dans la salle du buffet où chacun satisfait faim et gourmandise. Ah! les soupes aromatisées et parfumées, recettes de sorcières ou de fées? La fontaine intérieure égraine ses perles d’eau et soutien Anita dans son évocation fleuve. Immersion, baignade, plongeon, averse nous éclaboussent et nous inondent. L’EAU sous toutes ses formes, toutes traditions confondues. Un ruissèlement d’images tombe en cascade. Le  »Tambourin de pluie » invite doucement mais fermement les conteurs. Les contes voguent sur les ruisseaux, les lacs, les fleuves jusqu’à l’océan profond de la parole. Merci à celles et ceux qui, pour notre plaisir, se sont jetés à l’EAU!
Audrey Chapuis

Un « air » enchanteur

C’était mercredi 25 octobre 2006 chez Alix.

Une quarantaine de personnes suivent les petits lumignons. En haut on se sustente, en bas on suspend le temps auprès du feu qui crépite… et le silence se met à parler. D’une réflexion sur le thème du jour à l’histoire de Melito suspendu dans les airs, en passant par la chronique d’un quartier, des poèmes, Gouzin et ses fameuses conquêtes, et des histoires de princesses qui disparaissent…L’air de la voix me transporte dans l’imaginaire l’espace d’un instant. Le vent des contes me traverse et laisse une trace…
«L’air de rien, Alix nous a préparé une ambiance magnifique!» Joliment dit, Madame la Présidente.
Merci aux voix et aux oreilles pour ce moment si enchanteur!
Marie-Hélène Jequier

Le « feu » au Léman

C’est une soirée splendide qui a accompagné le premier «cercle des conteurs» de l’Arbre à contes, chez Josiane le mercredi 14 juin.
Sa magnifique maison de Grandvaux offre un belvédère sur  le lac, les Préalpes françaises et suisses, la vallée du Rhône… un véritable tableau vivant.
Une nombreuse assemblée était présente, essentiellement composée d’amis de Josiane et de neuf de nos membres. Une petite introduction suivie par une belle énumération de proverbes sur le thème du feu par Claire-Anne. Toujours riche dans son jeu corporel elle a passé en revue tout ce que le feu suggère, apporte, énumère dans notre vie…Et tout ceci sans «jeter de l’huile sur le feu» qui brûlait dans l’âtre de la maison pour amener à point la soupe promise.
Premier conteur de cette soirée, Franco nous emporté aux origine du monde. Une épopée de l’homme à travers les âges développée à partir de la généalogie de sa famille… Prenant, essoufflant, magnifique… Du feu ce Franco. Alors, Josiane nous a ramené à une réalité plus cruelle, mais oh combien émouvante, en nous contant l’épopée d’un petit africain ayant côtoyé le feu de si près qu’il en a reçu d’indélébiles stigmates. Histoire terrible, vécue, mais si belle par le courage et la force qu’elle déploie. Les notes de clarinette qui ont parsemé ce chemin de douleurs étaient les bienvenues pour respirer et penser… simplement penser à ce petit être courageux et à ses soignants obstinés, ici en Suisse. Anita nous a alors soufflé une note plus aérienne ou le feu et l’amour sont intimement liés puisque l’un ne pouvant souvent être sans l’autre! De sa voix douce et feutrée elle nous a transporté dans l’antiquité. Pour qui l’écoutait depuis la terrasse, son conte prenait une dimension nouvelle, plus le jour laissait la place à un crépuscule pastel, un lac d’huile où le pinceau du courant du Rhône posait quelques traces floues à la surface de l’eau, pour montrer que le lac vit lui aussi.
Une belle première, où les absents ont tout à regretter, qu’ils ne prolongent pas plus avant leur torture et agendent le 25 octobre chez Alix pour fêter l’air.
Olivier Rychner